le marché du cycle vacille car la demande est trop forte

Le marché du Cycle vacille, la demande est trop forte ?

Les acteurs du marché du cycle avaient l’habitude de voir leur marché grandir chaque année, à un rythme soutenu mais raisonnable. La part modale « vélo » est en constante augmentation depuis plus de 10 ans, grâce à une croissance naturelle couplée à des politiques gouvernementales incitatives. Mais c’était sans compter sur un enchainement de circonstances positives ces derniers mois qui en font désormais un mode de transport en plein boom, voire en tension, due à une demande trop forte.

Le boom du marché du cycle

Cette flambée du marché du vélo a d’abord été portée par les mouvements sociaux, puis par les politiques incitatives et elle vient de s’intensifier avec la crise sanitaire.

Le vélo est la nouvelle grande tendance du déplacement urbain. Les grèves des transports parisiens au mois de décembre dernier avaient déjà provoqué un boom des nouvelles mobilités à cause de la paralysie des transports en commun, et voilà que le déconfinement a signé un 2ème acte d’une plus grande ampleur encore.

En effet, le covid-19 est synonyme de distanciation sociale, de précaution sanitaire et de défiance vis-à-vis des transports en commun, ce qui a naturellement laissé les usagers face au choix de la voiture (embouteillages monstres par endroit) ou… du vélo. La pratique cycliste est en plus une bonne solution pour faire de l’exercice après plusieurs mois de confinement. La messe était dite…

Pour se protéger et protéger les autres, le vélo est mon geste barrière

Des aides incitatives à l’utilisation du vélo ont été mises en place par l’État avec « coup de pouce vélo » en France par exemple, récemment prolongé ou encore le renforcement des aides à l’achat de vélo électrique ou vélo à assistance électrique, sans parler de la prise de conscience écologique, tout cela exacerbant la demande devenue trop forte.

Le vélo est sollicité de tous les côtés, particuliers, entreprises, collectivités, tout le monde en veut, et à toutes les strates sociales !

Problème de capacité, est-ce la pénurie ?

« La révolution cycliste a été stoppée dans son élan par une pénurie mondiale de vélos » constate le Financial Time dans un article publié en juillet dernier. « Les acheteurs sont frustrés alors que les fabricants s’efforcent de répondre » à l’explosion de la demande, dans ce contexte de crise sanitaire.

L’opération « coup de pouce vélo » pour remettre en état un vélo, a elle aussi participé à créer une hausse de la demande d’accessoires et de pièces détachées, qui arrivent à manquer dès lors pour assembler des vélos complets. Cette explosion des ventes de composants n’était pas prévue, ni par les vélocistes, ni par les marques qui les produisent. Il est toujours difficile de répondre à une soudaine augmentation de la demande en quelques jours ou semaines…

composant vélo

L’étude de l’institut Xerfi « La flambée du marché du vélo à l’horizon 2023 » anticipe une croissance du marché de « 15% en valeur en 2020 pour dépasser les 2,6 milliards d’euros », et ce, malgré les difficultés d’approvisionnement et de production générées par la crise sanitaire. Cette montée en puissance confirme la très bonne année 2019 au cours de laquelle le marché du cycle avait déjà profité d’une hausse de 10%.

Nous pouvons qualifier cette période de « goulot d’étranglement » plutôt que de « pénurie », la demande devrait se tasser sur les 2 années à venir. Par exemple aux États-Unis : les ventes en ligne de vélos ont atteint un pic historique mi-mai. Le nombre de vélos vendus a été supérieur de plus de 5 000% à celui de la mi-mai 2019.

Des délais considérables : en cause, une demande trop forte

Tout le monde subit des retards d’approvisionnement dont personne n’est vraiment responsable malheureusement.

« Les carnets de commandes sont très importants », confie Jérôme Valentin à BFM Business, président de l’Union sport & cycle et PDG de Cycleurope. « On a un délai d’environ 6 mois entre le moment où on commande des pièces et celui où on livre les magasins. Et aujourd’hui les constructeurs allongent leurs délais de 3 à 9 mois. Ça crée un trou dans la chaine de production. ».

Ainsi, un client qui commande un vélo aujourd’hui pourrait devoir attendre septembre 2021 voire plus, avant de l’enfourcher. Et en B2B, avec des vélos personnalisés et plus long à préparer, cela pourrait être bien pire.

On ne vous apprend rien en vous disant que pendant des semaines, des pays entiers ont été confinés, les usines avec, à l’arrêt complet. L’entreprise principalement impactée : Shimano, qui travaille habituellement 7j/7 et 24h/24 premier fournisseur de composants de vélo dans le monde, la conséquence de cette coupure est colossale et s’étend à l’échelle planétaire.

Les acteurs du marché du cycle doivent s’ajuster

Charlotte Vinconneau, SHIMANO France, extrait de l’article de Matos Vélo :

« Nos usines vont confirmer le mois prochain les départs de composants produits au second semestre 2021, ce qui veut dire que nos capacités de productions sont pleines pour les 8 prochains mois. Du jamais vu en 100 ans d’existence pour Shimano. Les disponibilités de nos produits reviennent donc à niveau normal sur les mois d’octobre/novembre pour une certaine catégorie de produits, pour d’autres, il faut être patient et attendre le début d’année prochaine.

Nous avons augmenté nos capacités de production, mais au-delà d’un certain niveau, cela requiert des investissements lourds qui ne se traduiront pas avant plusieurs mois par une augmentation de nos capacités. Nous sommes sur une croissance de la demande jusque-là jamais vue, de l’ordre de 30% sur l’Europe, sur le second semestre 2020 comme sur le premier semestre 2021. ».

composants de vélos et cycles sur établi

Augmentation des prix

Certains journalistes ont remarqué une hausse des prix publics de certains vélos ou composants. Non, les marques ne profitent pas de la pénurie pour augmenter les prix !

Il faut savoir que le principal producteur mondial de tout ce qui touche au vélo est l’Asie, or celle-ci a été très affecté par l’épidémie de coronavirus lors du printemps dernier.

Cette augmentation des prix vient en partie du mode de transport « Bateau » ou « Avion », mais aussi d’investissements lourds à réaliser par les fabricants.

Car côté transport, un bateau met plusieurs semaines à rallier l’Asie à l’Europe, pour un avion, il faut 48h maximum. Et ça, c’est en temps normal. Depuis la pandémie, le transport maritime entre l’Asie et le reste du monde est saturé, les délais et les prix ont plus que doublé pour faire venir les marchandises. Dans un marché extrêmement tendu, certaines marques ont fait le choix de faire venir leurs commandes par avion, prenant à leur charge plus de 50% du surcoût.

Un marché en plein boom qui n’arrive plus à produire dans les temps et au prix, quel dommage… D’autant que le vélo est un mode de déplacement vertueux qui doit aller chercher son emprise sur le marché des transports en fidélisant chaque usager et en fluidifiant son expérience. Espérons que cette situation ne dure pas trop longtemps et que les nouveaux usagers motivés le resteront en attendant leur monture… avec plusieurs mois de retard !

Si vous désirez avoir plus d’informations sur le monde des vélos en libre-service, suivez-nous sur les réseaux sociaux.

1 Comment
  • Pingback:La demande des consommateurs | Pearltrees
    Posted at 14:34h, 28 avril Répondre

    […] Le marché du Cycle vacille, la demande est trop forte ? – Ecovelo. On ne vous apprend rien en vous disant que pendant des semaines, des pays entiers ont été confinés, les usines avec, à l’arrêt complet. L’entreprise principalement impactée : Shimano, qui travaille habituellement 7j/7 et 24h/24 premier fournisseur de composants de vélo dans le monde, la conséquence de cette coupure est colossale et s’étend à l’échelle planétaire. Charlotte Vinconneau, SHIMANO France, extrait de l’article de Matos Vélo : « Nos usines vont confirmer le mois prochain les départs de composants produits au second semestre 2021, ce qui veut dire que nos capacités de productions sont pleines pour les 8 prochains mois. […]

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